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Le nom

Synthèse des travaux des Loges
  "Milieu du Monde", G L F S
  "Tempérance", G L F S
  "Déméter", G.L.F.S.
élaborée le 6 février 2000

La Franc-Maçonnerie ne doit débattre ni de religion ni de politique, alors, pourquoi nous mobiliser face à ce projet de loi ?
- Parce que ce projet se situe au-delà de la "politique politicienne".
Le projet touche à la famille
 dans son essence : le nom,
 dans son unité : les noms,
 dans sa raison d’être : les enfants, leurs noms, leurs attaches,
 dans ses racines : généalogie et lieu d’origine.

Les Francs-Maçonnes qui se sont impliquées dans ces discussions ont fortement réagi à ce qu’elles considèrent comme un démembrement, une perte (ou une peur) de responsabilités.

Elles ont relevé quelques-unes des conséquences qu’entraîneraient la mise en application de cette loi.

Réactions aussi :

Plus que la question du nom (ou des noms) que porteront les membres du couple, ce qui a retenu notre attention, suscité notre inquiétude, ce sont les incidences que cette nouvelle manière de "vivre" pourrait avoir sur les enfants.

C’est en pensant à eux que nous avons évoqué tout d’abord le problème des RACINES.

Notre époque attache véritablement de l’importance aux origines, à la filiation… c’est un moyen de savoir qui l’on est, quels sont nos géniteurs, d’où l’on vient (terroir).

"De l’environnement familial"

On ne vit plus que rarement entre gens comptant plusieurs générations et cela sous un même toit. Or le nom évoque une famille, un ensemble de traditions, un pays, une région.

Alors, ne serait-ce pas important d’accorder d’autant plus de valeur à la généalogie qu’il n’y a quasiment plus de transmission orale ?

Cette transmission orale qui permettait de connaître toute une filiation et de savoir ainsi que réellement il y eut un Mr Boulanger qui faisait du pain, un Mr Meunier qui logeait dans son moulin, un Mr Forge qui forgeait…

Alors nous nous posons une question :

l’enfant serait-il apatride ?

Et dans la suite logique, voici un chapitre intitulé :

"De l’importance du nom"

Nombreux sont les parents qui, avant de choisir un prénom pour leur bébé, achètent un livre portant sur la signification des prénoms. C’est mettre en évidence l’importance accordée à ce prénom.

Chez les peuplades primitives, l’enfant ne recevait qu’un nom qui avait un caractère magique. Ainsi, à l’enfant, on donnait une force, un pouvoir. Le nom a un caractère "magique"… ou évolutif.

Dans la Bible, on relève de nombreux cas où, après une épreuve, le nom a changé : Abram devint Abraham, Jacob devint Israël, Jésus devint Christ.

Quelle en est la signification ?

Le nom, c’est le Verbe, le son, la vibration.

"Au début, il y avait le Verbe et le Verbe était Dieu." (St Jean)

Ces paroles ont un sens réel, car rien de ce qui a été créé n’a été fait sans raison. Ainsi, le nom que nous portons nous correspond. Une enseignante a relevé qu’un enfant qui a reçu un prénom puis un sobriquet remplaçant ce prénom, connaît souvent des problèmes nés de cette situation parce que : le nom, c’est d’abord l’identité, la personnalité intime de celle ou de celui qui le porte. C’est aussi le fait d’être " considéré ", soit d’être quelqu’un qui existe, qui est, d’être quelqu’un à part, donc qui n’est pas noyé dans une masse. Le nom rattache l’être humain, cette entité à part entière, à quelque chose, à un endroit, à une histoire, à une famille. Sans un nom qui lui a été transmis, comment cet enfant connaîtra-t-il, re-connaîtra-t-il son identité ? " De l’importance du lien… " Si la mère ne porte pas le même nom que son enfant, c’est un lien (comme un cordon ombilical) qui est coupé. L’appartenance à une famille ne sera pas évidente, ni même " sûre " pour l’enfant. Beaucoup d’enfants manquent actuellement de racines, de sécurité, d’encadremenr, de souvenirs et d’histoire. Ne les privons pas du sentiment de faire partie, d’appartenir à une famille parce qur faire partie, appartenir, c’est partager. Mais si, dès le mariage, le couple ne veut (ou ne peut) partager un nom (celui du conjoint, un nom double), quels partages ces parents offriront-ils à leurs enfants ? Prendre le nom de lun ou de l’autre (l’un et l’autre) des conjoints, c’est marquer à l’autre confiance et respect qui sont à la base de l’Amour. Si le couple ne peut partager cette confiance et ce respect, quel Amour offriront-ils à leurs enfants ? Et pour terminer, nous nous posons encore 3 questions : Pourquoi cette loi nous donne-t-elle le sentiment de n’avoir été élaborée que pour régler des conflits ? Pourquoi nous donne-t-elle le sentiment de chercher davantage à désunir qu’à unir ? Donner son nom, c’est à la fois un droit et une responsabilité. Pouvons-nous dès lors imaginer que des parents puissent abdiquer ce droit et cette responsabilité au profit d’un tirage au sort ou d’une autorité de tutelle ?